Le monde moderne est comme un conteur ayant perdu sa voix. Son mutisme nous cause bien des dégâts et ainsi s’en vont le sentiment d’exister et le sentiment de soi. Les Hommes perdent leur connexion, malgré un réseau en haute définition ! Plus rien ne résonne en eux, les battements de leur cœur ne bravent que des nœuds. Tout est disponible, tout est accessible. Il n’existe que peu de place pour l’inconnu, l’imprévu, et peu d’espace pour laisser notre pensée se déployer. Et pourtant ce sont ces indisponibilités momentanées qui permettent les rencontres. Ce que nous recherchons est l’expérience de résonance. Nous avons besoin de retrouver le sentiment d’être connecté, de compter les uns pour les autres et les uns sur les autres.

Comment faire l’expérience de cette connexion ?

Prendre du temps pour soi dans le calme : le calme est nécessaire. Il sécurise, est apaisant. Il est une pause dans le défilé du temps. Il autorise à être. Pas d’injonction au faire, ni au paraître. Il permet de figer un instant le monde extérieur, pour que puisse exister sa réalité intérieure.

S’écouter : pour pouvoir s’épanouir, c’est avec soi-même que la première connexion est à établir. Il s’agit de se questionner: « Comment je vais ? », « Qu’est-ce que je ressens ? », « Qu’est-ce qui me traverse en ce moment ? ». S’écouter pour mieux se connaître soi-même. C’est comprendre quelles sont nos valeurs, nos croyances, nos réactions, nos limites et nos forces. Et grâce à cette compréhension de soi, cette connaissance, on peut ressentir ensuite avec le monde qui nous entoure une profonde résonance.

Laisser passer les émotions : ne pas les retenir, ne pas les nommer tout de suite, ni les définir. Nos conversations mentales doivent se taire et laisser un tête-à-tête fécond à nos éprouvés amers. Il est salutaire de ne pas chercher d’emblée à nommer une émotion, avant que l’on n’ait eu le temps de vivre son agitation et ses implications. Elles doivent être accueillies comme on accueille aimablement chez soi un ami et les laisser advenir et s’épanouir. Mais nous résistons à l’inconnu et l’ignorance, sans quoi, pourtant, la vie perd de sa brillance. Savoir peut rassurer l’esprit, l’apaiser. Mais savoir enlève aussi à l’émotion qui émerge, voire submerge, sa légitimité. L’émotion a besoin d’un temps indéfini pour se déployer et dire toutes ses raisons d’exister. C’est pour cela que pour pouvoir lui faire un jour ses aurevoirs, il faut oser ne pas savoir.

Echanger avec le cœur : Se parler avec le cœur, avec passion, non pas juste échanger de l’information. Pour mieux communiquer, et ainsi créer du lien, du « Nous », il est indispensable d’écouter l’autre jusqu’au bout. Derrière chaque comportement se trouve un besoin, dont on doit s’occuper avec soin. Pour mieux communiquer, il importe de ne pas juger l’autre mais toujours essayer de comprendre ce qu’il tente d’exprimer maladroitement parfois, en le lui demandant simplement : », « comment tu vois la vie ? », « qu’est-ce qui te fait vibrer ? », «quel effet, cela te fait ? », « ça t’a fait quoi quand j’ai dit ça ? »… Et de la même manière, nous pouvons partager avec l’autre, ce que l’on vit, ce que l’on ressent et pense du monde. Ainsi, nos échanges deviennent aussi enrichissants que des pluies diluviennes qui sauvent de la sécheresse des hectares de champs !

S’intéresser à quelque chose de plus grand que soi-même : la nature est un exemple très aidant en ce sens. Quand on la contemple, elle fait germer en nous la fleur de l’émerveillement que tiennent dans leur paume les enfants. Elle nous fait ressentir à la fois notre insignifiance, comme notre importance dans l’Univers et sa danse. Le cœur s’y trouve apaisé et déchargé de nos trop grandes responsabilités.

En tous ces points, réside notre pouvoir personnel. Celui de choisir comment mener notre vie pour qu’elle nous soit plus belle !

Extrait du livre de Stéphanie KLEIN « La beauté, il reste la beauté »

Article proposé par Stéphanie Klein, psychologue, psychothérapeute, Illzach

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